mardi 1 septembre 2009

Le dernier Tour de Jean Robic

Comme promis, un petit message à propos de Jean Robic.
Surnommé Biquet, Tête de Cuir, Gueule cassée... j'en passe et des meilleurs, Jean Robic était né en 1921, comme mon papa, dans les Ardennes mais il passa toute son enfance dans le village de Radenac dans le Morbihan.
Il remporta le premier Tour de France après la guerre en 1947 sans revêtir le maillot jaune avant le Parc des Princes à Paris. En effet, il porta son attaque décisive lors de la dernière étape, Caen - Paris, dans la côte de Bonsecours à Rouen à 140 km du but (Photo) ! Le leader de l'épreuve, l'Italien Pierre Brambilla ne put le suivre et Robic entra dans l'histoire. Mais ce n'était pas un vainqueur de pacotille, il avait quand même remporté 3 étapes !
Par la suite, Jean Robic symbolisa souvent le combat des petits, il mesurait 1,61 m, contre les grands. Au sens propre, on le voit ici avant le départ du Tour 1959 face à Gérard Saint le plus grand du peloton. Mais également au sens figuré car il n'hésita jamais à défier les champions du moment, Coppi, Bobet et consorts.
Son physique de boxeur lui apporta aussi une grande popularité quand l'élégance d'un Koblet, d'un Coppi pouvait énervé. Biquet était incontestablement un homme du peuple.
Un autre trait de sa carrière fut sa malchance, certaines mauvaises langues parlaient de sa maladresse mais ce n'étaient que mensonges! Biquet tombait souvent ! Il était d'ailleurs l'un des seuls coureurs à porter un casque, d'où son surnom de "Tête de cuir".
Sur la photo ci-dessus, il est victime d'une chute collective à Soignies lors de la 3ème étape du Tour 1959.
Cette chute lui valut une fracture de la main droite qui lui fit parcourir la suite du Tour avec la main plâtrée. Ceci lui valut l'admiration de son équipe, Paris Nord Est, dont il était le capitaine de route à 38 ans et où il devait guider 7 néophytes sur le Tour. Ce qui n'empêcha pas cette équipe de porter 3 jours le maillot jaune, grâce à Michel Vermeulin, et de remporter l'étape Aurillac - Clermont Ferrand, grâce à André Le Dissez. Robic y fut-il pour quelque chose ? Je le crois !
La malchance, comme ici, lorsqu'il fut le seul du groupe auquel il appartenait à ne pas pouvoir franchir ce passage à niveau, pouvait lui faire piquer de grosses colères... Oui, il était aussi râleur !
Le 16 juillet 1959, entre Annecy et Chalon sur Saône, Jean Robic fut lâché par le peloton et il finit l'étape devant la voiture balai... Hélas pour lui, un coureur anglais, Robinson, avait gagné cette étape avec 20 minutes d'avance. Le gars Jean arriva hors délai et fut éliminé. L'histoire pourrait s'arrêter là mais le destin malchanceux de Robic l'avait une fois encore desservi. En effet, Robinson était lui-même arrivé hors des délais lors de l'étape de Clermont Ferrand mais le jury des commissaires l'avait repêché - ce qui fit dire à Robic: "Je suis éliminé par un éliminé !"
En plus, la chute qui lui valut sa fracture avait été causée par le même Robinson... PERFIDE ALBION !
En 1980, alors que j'étais un jeune et modeste coureur cycliste de 3ème catégorie licencié à l'Union Cycliste Alréenne (U.C.A), le bruit couru au cours de l'été que Jean Robic allait venir s'installer à Auray et qu'il allait devenir un dirigeant de notre club. Peut-être même allait-il être notre directeur sportif... Jean Robic, vous vous rendez compte ! Lui dont le maillot jaune trônait (et trône encore, j'espère) dans le trésor de la basilique de Sainte Anne d'Auray !
En octobre 1980, au retour d'une fête en l'honneur de la victoire de Zoetemelk dans le Tour de France 1980 près de Meaux, Jean Robic se tuait dans un accident de la route du côté de Claye Souilly en Seine et Marne...
Jamais, nous ne sûmes si la rumeur de sa venue était fondée, mais cela nous avait fait rêver et nous fûmes bien tristes...

4 commentaires:

  1. Veritable CHAMPION , BIQUET pour ses supporters et AMIS ne manquait jamais les rencontres d'anciens et visites a ses AMIS a travers la france , fidele a sa reputation populaire. IL aurait aimé le tour 2011 et la tenacité de th VOECKLER FACE AUX TENORS 4e du tour (comme lui) en....1949

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  2. bravo le petit jean robic.dur dur bon bon.

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  3. Petit rectificatif de terminologie - Bretagne n'est point Provence, on ne dit pas le village de Radenac, mais le bourg, ou sinon la commune si l'on réside hors bourg sur le territoire de la commune! Aucune raison de renoncer à notre culture.

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  4. Et merci pour les photos! C'est beau, jamais vues avant.
    On m'a dit qu'il gardait dans le Tour le record de passages en tête dans les cols (''61 fois''), est-ce vrai?
    Pour info, j'habite la Côte d'Azur et les Anciens d'ici évoquent avec beaucoup de nostalgie l'image d'un sacré bonhomme!

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